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L'épilepsie du chien

© Dr. Françoise Sachdé, vétérinaire

index

I. PARTIE THEORIQUE

1. Qu'est-ce que l'épilepsie et comment se manifeste-t-elle?
2. Quels types d'épilepsies existent?
3. Sous quelles formes et fréquence apparaissent les crises?
4. Les différentes phases d'une crise épileptique
5. Qu'est-ce que le seuil épileptique?
II. PARTIE PRATIQUE vétérinaire

6. Diagnostic de l'épilepsie primaire
7. Traitement de l'épilepsie primaire
8. Cas particuliers
-> gestion et prévention de cluster
-> urgence: le status épilepticus
9. Etude génétique sur l'épilepsie

III. PARTIE PRATIQUE propriétaire
- vivre avec un chien épileptique -
10. L'épilepsie au quotidien....dédramatiser sans pour autant négliger
11. Les bonnes habitudes à prendre
12. Que faire en cas de crise convulsive?

Vous pouvez à n'importe quel moment revenir à l'index en cliquant sur les pattes, et alors avoir un accès rapide, en cliquant sur le paragraphe de votre choix.




I. PARTIE THEORIQUE

1. Qu'est-ce que l'épilepsie et comment se manifeste-t-elle?-> retour à l'index
L'épilepsie est un dysfonctionnement momentané du cerveau se manifestant par l'apparition soudaine de crises épileptiques, souvent convulsives. Ces crises peuvent être variables dans leur forme d'un chien à l'autre, mais aussi d'une crise à l'autre sur le même chien. La crise la plus typiquement connue est la crise convulsive avec perte de connaissance, aussi appelée "grand mal": le chien tombe sur son côté, perd connaissance et est secoué par des spasmes de tout son corps, il claque des mâchoires, salive, peut parfois avoir les yeux révulsés, la tête étirée en arrière vers le dos (opisthotonos), il peut perdre des selles et/ou des urines pendant la crise ou juste en fin de crise. Même si ces moments nous paraissent interminables, la crise ne dure souvent pas plus de 1 à 3 minutes. En revanche la phase de récupération post-crise peut durer beaucoup plus longtemps...de quelques minutes à plusieurs heures. Cette phase est tout particulièrement délicate, car le chien n'est pas encore maître de tous ses sens, il est désorienté, parfois aveugle, inquiet et peut alors aussi être menaçant. Une fois cette phase surmontée le chien est à nouveau "normal", comme si rien ne s'était produit.
Un chien peut faire des crises d'épilepsie moins importantes que le "grand mal", durant lesquelles il ne fera peut-être que se raidir, il pourra baver, tituber, perdre connaissance ou non, et parfois c'est juste une courte absence, mais qui est difficile à constater chez un chien.
Les premières crises épileptiques peuvent survenir entre un âge de 6 mois à 5 ans, avec une prédominance à un âge moyen de 2 ans.
L'épilepsie est une maladie incurable, on ne peut que contrôler les symptômes, mais un traitement à vie est nécessaire.
le cerveau du chien


2. Quels types d'épilepsies existent?-> retour à l'index
On distinguera entre l'épilepsie primaire et l'épilepsie secondaire.
-> épilepsie primaire aussi appelée "idiopathique" ou encore "essentielle": il s'agit de la "vraie épilepsie" non acquise suite à une autre pathologie, mais héréditaire, donc génétiquement transmise par les parents. Certaines races sont prédisposées à l'épilepsie, notamment le St Bernard, le Berger Belge Tervuren, le Beagle, le Teckel, le Berger Allemand, le Setter Irlandais, le Labrador et Golden Retriever, le Caniche, le Schnauzer Nain, le Bouvier Bernois et le Fox Terrier à poil dur. Néanmoins cette pathologie est présente dans toutes les races, même chez les chiens croisés. On estime le pourcentage de la population canine -toutes races et croisés confondus- atteinte d'épilepsie primaire à 5%. Dans certaines lignées de chiens de races, même non prédisposées, ce pourcentage est bien plus élevé.
Le diagnostic de l'épilepsie primaire n'est pas aisé à poser. Il sera posé par élimination: après avoir exclu toute autre cause possible, on en conclura une épilepsie primaire.

-> épilepsie secondaire ou symptomatique: cela implique qu'il y ait une autre cause aux crises dites alors "épileptiformes"...ça ressemble à de l'épilepsie, mais ça n'en est pas!
Le terme d'épilepsie secondaire se réfère à des crises pour lesquelles une cause peut être identifiée et les causes possibles sont multiples; il faudra les éliminer une par une. Le diagnostic de l'épilepsie passe impérativement par l'élimination de toute cause d'épilepsie secondaire.

laboratoire      
Diverses analyses devront être réalisées (voir partie pratique: diagnostic) afin d'éliminer les éventuels diagnostics différentiels, tels que:
- les causes infectieuses diverses occasionnant de fortes fièvres, la fièvre pouvant être déclencheur de convulsions
- des infections spécifiques telle que la méningite, maladie de carré, rage
- les dysfonctionnements hépatiques et rénaux
- dysfonctionnement cardiaque
- désordres métaboliques (shunt porto-systémique, maladie de stockage)
- hypoglycémie, hypocalcémie, hypothyroïdie
- intoxications p.ex. au métaldéhyde (anti-limace), crimidine (souricide), strychnine, plomb, insecticides
- malformations (hydrocéphalie), tumeurs (méningiome, gliome)
- parasitoses (toxoplasmose, néosporose, dirofilariose)
- traumatismes
Cette liste n'est pas exhaustive.



3. Sous quelles formes et fréquence apparaissent les crises?-> retour à l'index

On distingue 4 formes de crises:

-> les crises partielles: le dysfonctionnement cérébral concerne une région bien délimitée, et selon la zone touchée, les crises ne concerneront qu'une partie du corps, souvent un seul côté, tels que les mouvements d'un membre, flexion de la tête ou du corps vers un côté, tics du visage.

-> les crises partielles complexes: se manifestent par une activité motrice ou comportementale complexe, comme p.ex. gober des mouches imaginaires (forme particulière chez le Cavalier King Charles), se mordre les flancs, vocaliser, courir après sa queue (= spinning, forme particulière chez le Bull-Terrier). Les activités comportementales s'expriment souvent par la peur, le chien se recroqueville et/ou se cache.

-> les crises généralisées: forme la plus fréquente chez le chien. Le dysfonctionnement cérébral s'initialise dans les deux hémisphères du cerveau simultanément. En résulte en général une crise type "grand mal" avec perte de connaissance, spasmes tono-cloniques de tout le corps, salivation, parfois défécation et miction pendant ou après la crise.

-> les crises partielles, qui se généralisent par la suite
    



La fréquence peut être très variable:
-> crises isolées apparaissant à un intervalle très variable d'un chien à l'autre, l'intervalle pouvant aussi être variable pour le même chien. Certains chiens font une crise par mois, d'autres une par semaine, ou une tous les quelques mois...il n'y a pas de règle absolue ou de schéma fixe, mais les crises isolées ne seront pas plus fréquentes que une par 24h.
-> crises en cluster: les crises apparaissent épisodiquement et de façon très rapprochée. La définition de "cluster" varie selon les auteurs; parfois il est qualifié de cluster lorsque le chien fait plus d'une crise par 24h, et parfois seulement s'il fait plus de 10 crises en 48-72h. On peut très bien retenir qu'un cluster est "une crise de crises convulsives", l'essentiel étant que le chien récupère entre deux crises, c'est à dire qu'il reprenne conscience et soit dans un état "normal". On considère que les crises multiples d'un cluster font partie d'un seul épisode convulsif. Le cluster peut être confondu avec le status epilepticus.
-> status epilepticus: il s'agit ici d'un "état de mal convulsif" continu de 30 minutes ou plus, ou de plusieurs crises successives sans que le chien reprenne conscience entre les crises. Le status epilepticus est une urgence, la vie du chien est en danger, des lésions cérébrales irréversibles peuvent survenir!

4. Les différentes phases d'une crise épileptique-> retour àl'index
En se référant à la médecine humaine on distingue classiquement 4 phases lors d'une crise, mais elles ne sont pas toutes identifiables chez le chien.

-> le prodrome: cette phase peut précéder la réelle crise de quelques heures à quelques jours et se manifeste par une modification de l'humeur ou du comportement. Cette phase n'est pas toujours identifiable chez le chien.

-> l'aura: cette phase annonce l'arrivée imminente d'une crise dans les secondes ou minutes qui suivent. Il est possible d'observer des symptômes comme de l'anxiété, de la nervosité, des tremblements, une salivation, de l'agitation. Parfois les animaux s'isolent ou se cachent, parfois ils recherchent au contraire le réconfort par leur maître. Cette phase ne peut pas non plus être systématiquement observée.

-> l'ictus: c'est la crise elle-même, qui dure en moyenne 1 à 3 minutes et commence par la phase tonique: Le chien se raidit, peut parfois gémir ou vocaliser, il perd connaissance et tombe sur son côté. Il peut également faire des arrêts respiratoires de quelques secondes. Puis vient la phase clonique durant laquelle le chien est secoué par des spasmes musculaires de tout le corps: il peut pédaler, claquer des mâchoires, saliver et avoir des mouvements importants des yeux et des oreilles. Il est possible qu'il défèque et/ou urine pendant son inconscience.
Il n'est pas rare qu'une crise survienne pendant le sommeil. Elle se déroule de la même façon que décrite dans les phrases précédentes, sauf que le chien ne tombe pas, puisqu'il est couché et dort.
pahses tonique + clonique

-> phase post-ictale: cette phase est toujours observée chez les chiens et est très variable dans sa durée de quelques minutes, à plusieurs heures ou même jours. Le chien revient lentement à lui et est d'abord désorienté. Il peut être très fatigué ou au contraire très agité. Parfois il souffre de cécité passagère. Le chien ne comprend pas ce qui vient de lui arriver et peut être anxieux ou agressif jusqu'à ce qu'il retrouve ses repères. Pendant cette phase post-ictale le chien est conscient, mais pas encore "fonctionnel", il ne se contrôle pas encore. Certains chiens éprouvent un besoin compulsif de marcher. Ils déambulent alors sans but et sans entrain, il convient de ne pas les en empêcher. La fin de cette phase se manifeste souvent par un appétit important.

5. Qu'est-ce que le seuil épileptique?-> retour à l'index
Chaque animal hérite d'une prédisposition génétique à faire des crises convulsives, d'un seuil personnel d'activation de neurones. Les crises se produisent lorsque ce seuil est dépassé. Chez les animaux épileptiques, ce seuil est particulièrement bas et le même stimulus déclenchera une crise chez un animal à seuil épileptique bas, alors que ce ne sera pas le cas chez un animal "normal".
Les crises répétitives peuvent irréversiblement abaisser le seuil épileptogène dans un processus appelé "kindling" ou "feu de broussailles", lors duquel de plus en plus de neurones sont recrutés, résultant dans un foyer épileptogène de plus en plus grand.
Un foyer épileptogène peut aussi déclencher une activité électrique anormale dans la même région du cortex de l’hémisphère controlatéral ; cet effet est appelé "effet miroir" lors duquel les foyers épileptogènes se multiplient
On peut donc dire qu'une crise épileptique en appelle une autre et que plus il y a de crises, plus il y en aura d'autres.
  kindling/feu de broussailles   effet miroir





II. PARTIE PRATIQUE   VETERINAIRE


6. Diagnostic de l'épilepsie primaire-> retour à l'index

Comme nous avons vu dans la partie théorique le seul moyen de diagnostiquer une épilepsie primaire est de procéder par élimination de toute autre cause potentielle. Pour ceci il est nécessaire de procéder à un nombre souvent important d'examens cliniques et laboratoires. On commence par établir une base de données générale, afin de permettre une première orientation. Cette base de données peut déjà donner une première indication quant à la cause des crises convulsives, mais elle servira aussi pour choisir les examens complémentaires nécessaires, ou à noter les paramètres à surveiller de près selon le traitement instauré. Après seulement suivent des examens plus spécifiques et approfondis.

analyses de routine / base de données générale
anamnèse
description des crises par le propriétaire: apparition, fréquence, durée, lien avec exercice, repas ou autre
permet au vétérinaire une pré-identification s'il peut réellement s'agir d'épilepsie primaire et de choisir les analyses nécessaires au diagnostic
examen clinique
auscultation, palpation, adspection
évaluation du cœur, des poumons, de l'abdomen, des muqueuses
recueil de données générale pour première orientation
bilan sanguin
de base

-> numération formule sanguine
-> profil biochimique de base incluant:
albumine, protéines totales, ALT, PAL, cholestérol, BUN, CREA, glucose, triglycérides, calcium
permet de relever une cause organique, métabolique ou infectieuse des crises convulsives
acides biliares
analyses de deux prises de sang, avant et après un repas
exploration d'un éventuel shunt porto-systémique (malformation)
bilan thyroïdien
T4, TSH, Ac anti-thyréoglobuline
recherche d'une éventuelle hypothyroïdie

Selon les résultats obtenus des analyses complémentaires peuvent être effectuées selon le tableau ci-dessous.
examens complémentaires éventuellement nécessaires
IRM ou scan cérébral
examen sous anesthésie afin d'évaluer les structures du cerveau
permet de visualiser p.ex. des tumeurs ou malformations du cerveau
ponction du liquide céphalo-rachidien
examen sous anesthésie
permet de dépister certaines infections/inflammations/ néoformations
examens sanguins complémentaires
titrage d'anticorps
dépistage de certaines infections spécifiques ou parasitoses comme p.ex.:
maladie de carré, toxoplasmose, néosporose, rage
recherche de toxines intoxications: métaldéhyde (anti-limace), crimidine (souricide), strychnine, plomb, insecticides
autres paramètres
magnésium, vitamine B6




7. Traitement de l'épilepsie primaire-> retour à l'index

Toutes les indications suivantes servent à votre information et à une meilleure compréhension des indications de votre vétérinaire.
 Même s'il ne devrait pas être nécessaire de le préciser, je tiens quand même à rappeler que tout traitement nécessite un diagnostic préalable et ne pourra être instauré que par un vétérinaire après une évaluation raisonnée du bénéfice-risque du traitement!!
Ne donnez jamais d'anticonvulsifs à votre chien, ni même modifiez un dosage actuel, sans l'avis du vétérinaire!


Différentes molécules sont utilisées en médecine vétérinaire pour contrôler l'épilepsie. Avant de nous y consacrer, abordons le sujet de quand commencer le traitement!
Il est courant de ne pas instaurer de traitement dès la première crise, mais de surveiller à quelle fréquence les suivantes apparaitront avant de réagir. Souvent la décision de traiter est prise dès lors que le chien fait une crise tous les mois.

Néanmoins si la première crise est violente, longue ou en cluster, ou qu'il y a des antécédents familiaux d'épilepsie, il sera judicieux de ne pas attendre, mais de commencer le traitement dès lors que le diagnostic est posé. Dans le doute il vaut mieux commencer de façon précoce un traitement, qui pourra être diminué lentement par la suite jusqu'à extinction totale, s'il s'avérait superflu, plutôt que de réagir trop tard et de devoir assumer des formes graves de l'épilepsie avec peut-être des lésions irréversibles.
Il convient également de commencer d'emblée le traitement avec des doses correctes: le début "en douceur" par dose inférieure à la dose moyenne conseillée est une erreur fréquente et peut être la raison d'un échec.

Le traitement anticonvulsif demande de la patience! Il n'existe pas le traitement absolu adapté à tous les cas, mais il faudra progressivement adapter le traitement à chaque individu, en passant par des phases essais et erreurs. Un traitement équilibré peut aussi nécessiter une réadaptation après des années d'efficacité et chaque modification de traitement implique un temps d'attente spécifique à chaque molécule avant d'en remarquer les effets.

Le traitement de l'épilepsie est un traitement anticonvulsif à vie. Différentes molécules sont à disposition. Ci-dessous leur descriptif avec un tableau récapitulatif des différents dosages et des concentrations sériques souhaitées.

-> Phénobarbital (PB):
Le traitement de première intention chez le chien est le phénobarbital. C'est une molécule bien connue et utilisée depuis longtemps chez le chien, qui a l'avantage d'être bien documentée pour cette espèce et qui n'est pas coûteuse. La dose quotidienne est répartie sur deux prises à intervalle de 12h.
Si l'effet se fait attendre les 15 premiers jours de traitement, les effets secondaires sont immédiats: à savoir une léthargie, ataxie de l'arrière-train, PUPD (polyurie-polydipsie), polyphagie. Les effets secondaires s'estompent en général au bout de 2 à 4 semaines, sauf la PUPD et la polyphagie qui restent souvent présentes.
Sur le moyen et long terme le traitement au phénobarbital entraine une augmentation des valeurs hépatiques sanguines, ce qui ne veut pas dire que le foie soit pour autant lésé. On évite l'hépatotoxicité en restant en-dessous d'une phénobarbitalémie de max. 35 mcg/ml. Le traitement au phénobarbital entraine également une baisse des valeurs thyroïdiennes (diminution de T4)
Il convient effectivement de vérifier régulièrement la phénobarbitalémie du chien afin de contrôler la bonne assimilation du médicament, qui varie individuellement d'un chien à l'autre. Le premier dosage aura lieu 15 jours après le début du traitement.
Pour un premier contrôle de la phénobarbitalémie, il est conseillé de vérifier deux valeurs: la plus élevée et la plus basse de la journée. La plus élevée sera obtenue sur une prise de sang effectuée 6 heures après la prise de médicament, et la plus basse sera obtenue à partir d'un prélèvement sanguin 1 heure avant la prochaine prise de médicament.
Selon la concentration sérique et l'efficacité obtenue avec le dosage actuel, il sera décidé de modifier ou non la dose quotidienne de PB, mais toujours progressivement, surtout en cas de réduction de la dose. La nouvelle dose se calcule selon la formule suivante:

nouvelle dose de PB en mg  =  ancienne dose de PB en mg x phénobarbitalémie cible
                                                      phénobarbitalémie mesurée dans le sang


Une fois le chien bien réglé sur sa dose efficace, il s'agit de contrôler la phénobarbitalémie et les valeurs hépatiques tous les 6 mois.

En médecine vétérinaire le phénobarbital est usuellement associé au bromure de potassium (Br), qui renforce l'efficacité anticonvulsive du phénobarbital, tout en permettant d'en réduire un peu la dose nécessaire. Les effets secondaires et le seuil toxique sont ainsi réduits.

->Bromure (Br):
Le bromure est souvent associé au phénobarbital dans le traitement de l'épilepsie canine. Le médicament vétérinaire Crisax® "prêt à l'emploi" contient une association de phénobarbital, de bromure de potassium et de bromure de camphre. Il n'y a pas de bromure à usage humain disponible en pharmacie, mais si nécessaire le pharmacien pourra faire une préparation de bromure de potassium sous forme liquide ou de gélules.
Le bromure ayant une demie-vie relativement longue, une seule administration quotidienne suffit, mais lors de l'administration de Crisax®, la dose sera répartie sur 2 prises, en analogie au phénobarbital.
Le bromure potentialise l'effet du phénobarbital et permet donc d'en réduire les doses nécessaires. Selon certains auteurs le bromure à lui seul peut suffire au contrôle efficace de l'épilepsie canine, voire même être plus efficace que le phénobarbital.
Les effets secondaires sont les mêmes que pour le PB, à savoir une léthargie, ataxie de l'arrière-train, PUPD (polyurie-polydipsie), polyphagie.
La concentration sanguine commence à atteindre un seuil thérapeutique au bout de 6 à 8 semaines de traitement, mais ne sera stable qu'au bout de 2 à 3 mois de traitement. En cas de prescription différée du bromure et du phénobarbital, avec une nécessité d'efficacité rapide du bromure, il est possible de commencer par une dose de charge bien plus élevée: la dose administrée sera alors de 120mg/kg/jour pendant 5 jours consécutifs, avant de passer à la dose d'entretien qui n'est que de 25mg/kg/jr en moyenne. Cette dose de charge se fait souvent en hospitalisation afin de pouvoir garantir un monitoring permanent.

-> Gabapentine:
Des essais cliniques ont démontré que la gabapentine est la meilleure molécule "add-on" (traitement supplémentaire aux autres déjà instaurés) en cas d'épilepsie réfractaire, c'est à dire en cas de crises non maitrisables par les deux molécules de premier choix (PB + Br). La demi-vie courte de cette molécule nécessite une administration 3 x par jour. Afin d'éviter une sédation trop importante la dose quotidienne sera augmentée progressivement jusqu'à atteinte de la dose thérapeutique moyenne. Le traitement sera commencé par une administration/jr pendant quelques jours, puis 2 administrations pendant quelques jours, avant d'atteindre les 3 administrations quotidiennes. La gabapentine est surtout utilisée pour les formes d'épilepsie avec des crises en cluster.

-> Lévétiracétam:
Cette molécule est utilisée en cas d'épilepsie réfractaire, comme la gabapentine. Les effets secondaires sont peu documentés et il n'existe pas de données quant à la concentration sérique thérapeutique.

-> Diazépam:
L'usage du diazépam en traitement continu par voie orale n'est pas conseillé en tant que traitement de l'épilepsie canine, car la demi-vie de cette molécule est très courte chez le chien, peut occasionner une dépendance physique et une accoutumance, et augmente la concentration sérique des enzymes hépatiques.
En revanche le diazépam a toute son utilité dans la gestion de l'urgence épileptique (cluster ou status epilepticus): en injection intraveineuse ou même en application intra-rectale, cette molécule permet d'interrompre une crise convulsive, ou de réduire le risque de développement d'un cluster.
Le diazépam se présente sous le nom de Valium® sous forme de solution injectable en ampoules ou sous forme de comprimés. Les comprimés peuvent être administrés en cas d'utilisation prolongée (12 à 24h) en prévention de cluster, mais la première application se fera toujours par voie intraveineuse ou intrarectale pour des raisons de rapidité d'efficacité.

principe actif
dose quotidienne par kg de poids vif
répartition de la dose quotidienne en nombre de prises par jour
concentration sanguine souhaitée
élimination
début d'efficacité
Phénobarbital (PB)
->Gardénal® ou
Crisax® (PB+KBr)
2-5 mg/kg/jr

peut progressivement être augmenté à 20mg/kg/jr si nécessaire
en 2 prises par jour
-> 15-35 mcg/ml si associé à KBr
-> 20-45 mcg/ml en monothérapie
hépatique
15 jrs
Bromure de potassium (Kbr)
->Crisax® (PB+KBr)
ou préparation en pharmacie
25-40 mg/kg si associé au PB
40-50 mg/kg en monothérapie
*possibilité de commencer par une forte dose de charge, voir plus haut dans le texte
en 1 prise par jour
-> 1500-2500 mcg/ml si associé à PB
-> 2500-3000mcg/ml en monothérapie
rénale
6-8 semaines à 2-3 mois
Gabapentine
->Neurontin®
30-60 mg/kg/jr
en 3 prises par jour
4-16 mcg/ml
rénale

Lévotiracétam
->Keppra®
60 mg/kg/jr
en 3 prises par jour
-pas de données disponibles- rénale

Diazépam
->Valium®
0,5-2 mg/kg
ponctuellement
peut être renouvelé toutes les 2-4 h
ne pas utiliser en traitement de long terme!





8. Cas particuliers
-> retour à l'index

-> Gestion et prévention des cluster (crises multiples et rapprochées):

Les chiens présentant une épilepsie sous forme de cluster, peuvent ne faire des crises que tous les 3 à 12 mois, mais malgré une fréquence peut-être faible, chaque cluster peut s'avérer être une difficulté particulière, car il aboutit souvent en une hospitalisation du chien. Sur le long terme ceci peut être psychologiquement et financièrement  pesant pour les maîtres d'un chien faisant des clusters et l'euthanasie est alors souvent considérée. Si un chien atteint de cluster n'est pas contrôlable par le traitement de base (PB+Br), le vétérinaire peut élaborer un "plan d'urgence" en prévention du développement du cluster, qui pourra être le suivant en cas de crise:

->
administration intrarectale d'une dose de diazépam (0,5 - 2 mg/ kg) dès que les convulsions cessent
-> administration orale d'une dose supplémentaire de phénobarbital, dès que le chien est à nouveau en mesure de déglutir
-> administration orale de diazépam (cps) 0,5 mg/kg dès que le chien peut déglutir. Cette dose sera répétée toutes les 3-4 heures durant 12 à 24h
-> la gabapentine peut être prescrite en plus du traitement de base pour contrôler les clusters: soit en traitement permanent ou en traitement ponctuel si les clusters sont prévisibles.

-> Urgence: le status epilepticus
Le status epilepticus ou état de mal convulsif représente une urgence et nécessite que le chien soit pris en charge par un vétérinaire dans les plus brefs délais!
Le vétérinaire procèdera selon le schéma suivant:

-> pose d'un cathéter intraveineux et administration de Diazépam (Valium) 0,5 mg/kg. Si l'abord veineux est impossible, l'administration se fera par voie rectale. Cette dose peut être répétée deux fois, si elle s'avérait inefficace
-> contrôle et gestion de la température corporelle
-> prise de sang pour un contrôle immédiat de certains paramètres (glycémie, taux sériques de phénobarbital et/ou bromure, numération formule)
-> perfusion de glucose en cas d'hypoglycémie; pour orientation rapide: l'administration de 200mg/kg de glucose i.v. augmente la glycémie de 100mg/dl.
-> dans des cas particuliers (chienne gestante ou allaitante) le taux de calcium sanguin sera mesuré afin de dépister et de traiter une éventuelle éclampsie (hypocalcémie)
-> si la crise persiste ou réapparait rapidement: instauration d'un traitement au phénobarbital à raison de bolus de 4-6 mg/kg i.v. jusqu'à contrôle de la crise, mais sans dépasser une dose totale de 12-16 mg/kg
Si le chien est déjà sous phénobarbital: administration d'un bolus de 2-4 mg/kg, qui augmentera la phénobarbitalémie de 2-4 mcg/ml
attention: chaque bolus i.v. de phénobarbital mettra 15-30 minutes pour agir, il faudra donc respecter ce temps entre les bolus.

-> si la crise reste non-maîtrisable: revoir le diagnostic et éventuellement anesthésier le chien en prévoyant une assistance respiratoire.

9. Etude génétique sur l'épilepsie -> retour à l'index

L'épilepsie primaire est la plus fréquente des affections héréditaires du système nerveux dans l'espèce canine. Lors d’une enquête aux USA au sein des clubs de races, l’épilepsie a été signalée pour 22 races comme étant l’une des principales préoccupations de santé. Au cours d’un classement global des maladies selon leur importance, l’épilepsie s’élève à la 3ème place sur 80.

Lors d'un symposium sur l'épilepsie canine en 1997 George J. Brewer, M.D (Professor of Human Genetics and Internal Medicine University of Michigan Medical School) expose qu'il est probable qu’il y ait une grande hétérogénéité dans l’épilepsie canine, ce qui veut dire que plusieurs gènes différents sont impliqués. Il convient toutefois de ne pas confondre hétérogénéité avec polygénie. Lors de polygénie une maladie est causée par l’association de plusieurs gènes chez le sujet atteint, alors que dans l’hétérogénéité de l’épilepsie la maladie est susceptible d’être le résultat d’un seul gène défectueux, qui pourra être différent d’un chien épileptique à l’autre.

En revanche une transmission polygénique de l'épilepsie - donc dépendante de l'association de plusieurs gènes chez le même sujet- est supposée pour certaines races, comme p.ex. le Labrador et Golden Retriever, le Bouvier Bernois

Les différences concernant l’âge d’apparition des symptômes, les types et sévérité différents des crises, ainsi que les réponses variables aux traitements laissent déduire qu’il y ait différents types d’épilepsie canine et que des mutations de beaucoup de gènes différents puissent aboutir dans cette maladie.

Les recherches effectuées jusqu’à présent laissent supposer un mode de transmission récessif pour l’épilepsie canine, mais ce n’est pas encore prouvé.

Quelques points à retenir:

-> L'épilepsie est en général occasionnée par un seul gène défectueux, mais peut aussi dépendre d'une transmission polygénique
-> La génétique de l'épilepsie est hétérogène: plusieurs gènes peuvent à eux seuls déclencher la maladie, s'ils sont défectueux
-> Multiples mécanismes pathogéniques peuvent être la cause d’épilepsie, comme p .ex :
Une anomalie des récepteurs de neurotransmetteurs, une anomalie des canaux ioniques, une inhibition anormale des protéases.
-> L’épilepsie est une maladie complexe

La conclusion de ces points est que l’épilepsie peut être occasionnée par un défaut d’un seul des nombreux  gènes pouvant être responsables de divers  troubles des nombreux mécanismes cérébraux. Si toutefois l’épilepsie canine était occasionnée par un seul gène, il est probable qu’il s’agisse d’une dizaine ou vingtaine de gènes différents selon les races concernées. Tous doivent être identifiés dans le but de pouvoir proposer des tests de dépistage précoce.


En France un programme de recherche génétique sur l’épilepsie canine est mené au CNRS de Rennes et nécessite qu’on envoie au CNRS des prélèvements sanguins de chiens épileptiques et si disponible de leur parenté saine ou atteinte. Le tout doit être accompagné d’une copie du pedigree et d’une feuille de renseignements dument remplie.

Ce prélèvement n’engage aucun frais autre que les frais de port pour le propriétaire : soit le vétérinaire effectuant le prélèvement consent à la gratuité de l’acte dans le cadre de la recherche, soit il transmet la facture à l’ordre du CNRS. Les prélèvements entrent anonymement dans le cadre de l’étude. Il n’y aura donc pas de résultat individuel.

Si votre vétérinaire ne pensait pas à vous parler de ce programme de recherche, abordez le sujet avec lui. La recherche ne peut avancer que si suffisamment de prélèvements peuvent être analysés et comparés!


Les prélèvements et documents sont à adresser à :

Institut de Génétique et Développement de Rennes
UMR 6061, Équipe « Génétique du chien »
2 av du Pr Léon Bernard 35043 Rennes Cedex
Tél : 02 23 23 45 09 Fax : 02 23 23 44 78
Adresse mail : cani-dna@univ-rennes1.fr

 

Pour tout renseignement :

Dr. Catherine André Tél : 02 23 23 45 09 catherine.andre@univ-rennes1.fr
Dr. Anaïs Grall Tél : 02 23 23 46 45 anais.grall@univ-rennes1.fr


Documents accompagnateurs: cliquez sur les miniatures pour les voir en grand, les télécharger ou les imprimer
protocole de prélèvement
feuille de renseignements
Protocole de prélèvement
Questionnaire clinique
        
         

III. PARTIE PRATIQUE  PROPRIETAIRE
- vivre avec un chien épileptique -


10. L'épilepsie au quotidien....dédramatiser sans pour autant négliger-> retour à l'index

La première crise épileptique, ou mêmes les premières sont toujours fortement impressionnantes. On ne sait pas ce qui se passe, ce qui arrive au chien et pourquoi, on pense qu'il souffre, peut-être même qu'il puisse mourir. On se sent impuissant, ne sait pas quoi faire et on est pris de panique.
Ne vous inquiétez pas: c'est normal, c'est humain! Mais la gestion d'un chien épileptique, surtout la gestion d'une crise s'apprennent.
Une fois l'épilepsie identifiée, il va falloir vous habituer et vous familiariser au fait que votre chien fasse des crises. Votre vétérinaire vous aura donné des instructions précises à suivre en cas de convulsion, il suffira de les appliquer le cas échéant. Le traitement instauré sera quotidien et à vie, sans aucun oubli, sans négligence au risque de voir les crises s'amplifier.
Mais en dehors des minutes où votre chien convulse, vous avez un chien avec toutes ses capacités et heureux de vivre. L'épilepsie est une maladie incurable, nécessitant un traitement et un suivi à vie, mais pour le chien ce n'est pas forcément le pire malheur qui puisse lui arriver. Entre les crises il aura la même qualité de vie qu'un chien sain, et meilleure que s'il souffrait par exemple d'arthrose chronique.

La majorité des chiens épileptiques peuvent mener une vie tout à fait normale. Les crises de 80% des chiens épileptiques sont contrôlables grâce à la médication. L'espérance de vie est inaltérée par le traitement anticonvulsif pour la majorité des chiens épileptiques. Vous pouvez donc continuer à profiter de la vie avec votre compagnon à quatre pattes, même s'il convient d'éviter les situations dangereuses, comme par exemple faire nager votre chien...ou alors équipez le d'un gilet de sauvetage pour chien, ça existe.

Un chien épileptique a besoin d'un mode de vie équilibré, avec des sorties régulières et une alimentation saine. Une nourriture de qualité et équilibrée s'impose.


11. Les bonnes habitudes à prendre: -> retour à l'index

-> tenez un journal pour le chien: un calendrier peut faire l'affaire, ou un petit carnet dédié au chien. Vous y noterez toutes les crises avec: la durée, les conditions d'apparition (dans le sommeil, après excitation), les évènements particuliers ce jour là (météo, activités hors du commun, repas inhabituel etc.)
-> suivez rigoureusement le traitement prescrit, ne manquez aucune dose de médicaments. Si vous êtes plusieurs à vous occuper de l'administration des médicaments, optez pour un pilulier à la semaine afin de ne pas omettre une dose, ni d'administrer double-dose.
Prévoyez un stock de réserve du médicament de votre chien, afin de ne jamais en manquer.
Rangez les médicaments toujours au même endroit, aussi les médicaments d'urgence, afin de les trouver sans chercher. Tenez-les hors de la portée des enfants!!
-> prévoyez des contrôles de routine chez votre vétérinaire au moins une fois par an. Le plus souvent ces contrôles auront lieu plutôt tous les 6 mois, parfois plus fréquemment. La fréquence est à déterminer individuellement avec votre vétérinaire. Emmenez le journal de votre chien à chaque contrôle, afin de pouvoir renseigner le vétérinaire au plus précis.
-> si vous devez laisser votre chien en garde, assurez-vous qu'il recevra son traitement sans faute, en laissant les directives précises par écrit. Laissez vos coordonnées et les coordonnées de votre vétérinaire au gardien du chien, et avertissez votre vétérinaire de votre absence.



12. Que faire en cas de crise convulsive?
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-> Le plus important est de garder votre sang froid: ne paniquez pas!!
Ne criez pas, ne vous affolez pas, n'essayez pas de tenir le chien. S'il y a du bruit dans la pièce (musique, télé etc...), réduisez le.

-> Si des enfants en bas âge sont présents, demandez leur d'aller dans une autre pièce: pour éviter que les enfants mettent leurs doigts où il ne faut pas et pour limiter le stress pour tout le monde - humains et chien.

-> Si d'autres chiens sont présents, il faudra les contrôler et peut-être les évacuer. Certains chiens sont perturbés de voir un congénère convulser et pourraient l'attaquer, mais ce n'est pas toujours le cas. Si les chiens présents sont calmes et imperturbables, ils peuvent rester présents, ils aideront le chien épileptique à reprendre ses repères à la sortie de la crise.

-> Ne touchez pas votre chien, de toute façon vous ne pourrez pas l'empêcher de convulser. Eventuellement vous pourrez déplacer des objets dangereux, pousser un peu des petits meubles, sécuriser l'environnement afin que le chien ne se blesse pas, ou ne tombe pas dans le vide, s'il y a un escalier à proximité par exemple. Votre chien n'est pas conscient de ce qui lui arrive, il n'a pas mal et contrairement à ce que beaucoup de gens pensent, il ne va pas avaler sa langue. Ne mettez jamais la main dans la bouche d'un chien en convulsions, il risquerait de vous mordre sans le vouloir et surtout: il ne pourra pas relâcher prise!!
Si vous avez besoin de déplacer ou de caler votre chien, parce-que sa position le met en danger, utilisez une grosse couverture pour vous protéger des dents.

-> Notez l'heure du début et de la fin de la crise.
En général une crise ne dure pas plus longtemps que 2-3 minutes.
 
Si la crise se prolonge à 5 minutes ou plus, appelez votre vétérinaire ou appliquez les mesures qu'il vous aura indiquées pour un tel cas. Si la crise dure 30 minutes ou plus, le cerveau est en danger: des lésions irréversibles peuvent apparaitre, c'est une situation d'urgence. Il ne faudra donc pas attendre que le chien ait convulsé une demi-heure avant d'appeler le vétérinaire, qui aura besoin d'au minimum plusieurs minutes pour se rendre sur place.
Ne confondez pas la crise elle-même avec la phase post-ictale durant laquelle le chien peut être passagèrement aveugle, agité et désorienté. La phase post-ictale peut durer plusieurs minutes, comme aussi plusieurs heures. Elle ne représente pas de situation d'urgence.

Ne transportez pas un animal en convulsion, il est préférable que le vétérinaire se rende chez vous.
Si toutefois un transport est inévitable, portez le chien à l'aide d'une grosse couverture et installez-le dans une cage de transport type vary-kennel. Pour un chien de la taille d'un dogue ceci sera peut-être problématique: prévoyez alors au moins une séparation solide entre le chien et vous dans la voiture. Lors d'un transport pensez aussi à votre propre sécurité!

-> Lorsque la crise s'atténue, vous pourrez doucement adresser la parole à votre chien, afin de l'aider à reprendre ses repères. Certains chiens sont rassurés par le contact de la main du maitre sur leur flanc. D'autres seront agités dans tous les cas. Il faudra gérer selon la réaction individuelle de chaque chien, mais dans le doute laissez le chien tranquille et au calme.



Bibliographie:
- Michael Podell MSc, DVM, Diplomate ACVIM (Neurology): "New advances in the treatment of epilepsy"
- Natasha Olby, Vet MB, PhD, MRCVS, Diplomate ACVIM: "Refractory seizures"
- Natasha Olby, Vet MB, PhD, MRCVS, Diplomate ACVIM: "Seizure managment: diagnostic and therapeutic principles"
- Susan M. Cochrane, Diplomate ACVIM (Neurology): "Update on seizures in the dog and cat"
- Podell M, Fenner WR. "Bromide therapy in refractory canine idiopathic epilepsy" J Vet Intern Med 1993; 7: 318-327
- Trepanier LA. "Use of bromide as an anticonvulsant for dogs with epilepsy" JAVMA 1995; 207: 163-166
- Platt SR, Adams V, Garois LS, Abramson CJ and Penderis J. "Gabapentin as an adjunctive therapy for refractive idiopathic epilepsy in dogs", 16th Annual   ESVN/ECVN Symposium, Prague, 2003
- Richard A. LeCouteur, BVSc, PhD, Diplomate ACVIM (Neurology), Diplomate ECVN "Approach to the Seizure Patient", 2nd Annual Veterinary Neurology Symposium, University of California, Davis - USA 2005
-Dr. George J. Brewer, M.D., Dr. Michael Podell, D.V.M., Dr. JoAnn Parent, D.V.M., Dr. Barbara Licht, Ph.D., Symposium on canine epilepsy/molecular genetics and canine health conference, St Louis, Missouri 1997


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